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Françoise Quencez

Françoise Quencez

Auteur et conseillère en Fleurs de Bach


Mes deux premières années de petite surdouée

Publié par Françoise Quencez sur 5 Mai 2017, 12:58pm

Catégories : #Les enfants, #Mes livres

Ma première année

Mon médecin traitant, une dame qui exerçait la médecine depuis presque quarante ans, fut très étonnée de voir qu’à deux mois, j’exprimais mes émotions avec une telle clarté. Je n’aimais pas le contact du papier de la table d’examen sur ma peau nue, ni les mains du docteur qui me palpaient et je manifestais ma désapprobation avec vigueur mais dès que Maman commença à me rhabiller, je lui fis un grand sourire. Blottie sur ses genoux et bien emmitouflée dans mes lainages, je restais calme, la tête déjà bien droite.

Maman expliquait que je ne supportais pas les couches jetables, même « bio », ni les savons ou laits habituellement conseillés aux bébés. Il fallait donc me mettre des couches en coton et les laver au savon de Marseille, le seul qui ne m’occasionnait pas de rougeurs. Pour ma toilette, elle utilisait du savon d’Alep. 

Elle n’avait pas été surprise de mon hyper sensibilité, en effet, les autres enfants de la famille  souffraient aussi d’hyperesthésie. Les capacités sensorielles des petits surdoués sont très développées et il n’est pas rare qu’ils développent très vite une sensibilité extrême à certaines matières, les fibres artificielles, les produits chimiques…. 

 

En outre, j’étais une toute petite dormeuse, il m’arrivait régulièrement de ne pas m’endormir après les tétées et je restais éveillée une grande partie de la journée. Je ne supportais pas les bruits et vite affolée, toujours en hypervigilance, j’avais absolument besoin du contact pour me rassurer. J’appréciais alors le balancement dans les bras de Maman ou de Mamie qui prenait la relève pour permettre à maman de s’occuper un peu d’elle. La nuit, je tétais à plusieurs reprises et sommeillais en co-dodo avec Maman qui avait bien besoin de ce repos après des journées bien longues entre tétées, changes et  bercements.

Maman continuait à prendre des Fleurs de Bach pour m’aider à harmoniser ces intenses émotions que je ressentais. A travers elle, j’absorbais ainsi Rock Rose pour mon affolement perpétuel et Walnut pour m’aider à m’adapter aux changements. Rescue était nécessaire dès qu’une sortie était prévue car je détestais la voiture et hurlait de terreur dès que Maman tentait de m’y installer. 

Heureusement, je grandissais bien et n’étais jamais malade.

A trois mois, je me tenais assise toute seule sur les genoux de Mamie et quelques semaines après, j’ai commencé à m’entraîner à tenir debout, le dos droit….

A neuf mois, au cours d’une visite médicale, le médecin s’est étonné  que je ne me déplace pas encore à quatre pattes en précisant que, si je ne le faisais pas à la visite de un an, il faudrait envisager de consulter un ergothérapeute pour faire de la rééducation. Ce médecin ignorait que le développement des surdoués peut être différent de celui des autres enfants et notamment dans ce cas-là. En effet, c’est un fait régulièrement constaté que la plupart des bébés surdoués ne passent pas par la case « quatre pattes ». De fait, ils passent directement de la phase « station assise » à la phase « debout ». Ce qui fut mon cas. Après m’être un peu déplacée en me poussant sur les fesses, j’ai trouvé beaucoup plus intéressant de m’accrocher à un adulte pour me déplacer debout ! 

Ma deuxième année

A quatorze mois, je me suis un jour lancée toute seule mais j’ai eu  très peur et j’ai continué pendant des mois à  m’accrocher à une main d’adulte pour parcourir la maison. J’ai appris ainsi à courir jusqu’au jour, j’allais avoir dix-huit mois, où j’ai finalement décidé de me débrouiller toute seule. A ce moment-là, je marchais et courais avec assurance. Mon petit cousin, surdoué lui aussi, était beaucoup plus téméraire que moi et, sans passer lui non plus par la marche à quatre pattes, courait dès son premier anniversaire  et escaladait l’escabeau à seize mois. Il était tout aussi dégourdi en langage et les dames de la boulangerie n’en revenaient pas quand à dix-huit mois, il les saluait d’un « Au revoir, Mesdames ».

Mais Maman était très attentive à mes premiers essais de langage car deux petits surdoués de la famille souffraient de dysphasie. (Presque 25% des enfants surdoués sont « dys »).

Heureusement, ses craintes n’étaient pas justifiées et j’ai commencé très tôt à babiller puis des mots sont devenus compréhensibles.

A treize mois, j’utilisais déjà une trentaine de mots  dont : coucou, maman, dodo, tétée, riz, non, minou, câlin, sel, nez, cou, tati, mamie, encore….Mon vocabulaire s’est très vite multiplié et à seize mois, j’utilisais presque deux cents mots, dont « dedans, dehors, poupée, crayon, volet, miette, dame, … » A dix-huit mois, je faisais des phrases avec des « parce que… » et à vingt-deux mois , je connaissais et nommais toutes les couleurs, non seulement les couleurs primaires mais aussi les roses, violets, marron, bleu clair et bleu foncé, ocre et crème, je connaissais de multiples  chansons traditionnelles et j’accompagnais Mamie de ma voix déjà bien placée. A deux ans, alors que l’on suppose qu’un enfant commence à assembler deux mots, moi, je faisais des phrases avec des verbes au futur et des « Il faut… » et déclarais au médecin: « Marie, elle aime pas le docteur ! » ce qui le fit bien rire. Mais j’avais beaucoup de doutes et de peurs, peur du vent, du mouvement des arbres, de tout ce qui est instable, de l’inconnu en général et Maman me donnait « Aspen et Scleranthus». Et je posais beaucoup de questions :"Comment, pourquoi..." Et  elle ajoutait Rock Rose et Cherry Plum  car j’avais des cauchemars et ma peur se transformait en panique.

A suivre…

 

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