Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Françoise Quencez

Françoise Quencez

Auteur et conseillère en Fleurs de Bach


Qu’est ce qui « cloche » à l’école pour les enfants surdoués ? (3/3)

Publié par Françoise Quencez sur 17 Novembre 2016, 17:56pm

Catégories : #Les enfants

 

Nous avons vu que de nombreux enfants surdoués se trouvent confrontés à l’ennui à l’école, en grande partie à cause de leur fonctionnement cérébral différent.

  • L’ennui lié aux exercices répétitifs destinés à fixer les connaissances, exercices dont ils ne ressentent pas le besoin 
  • L’ennui lié aux explications réitérées pour faire comprendre des notions qu’ils ont comprises dès le premier jour
  • L’ennui lié au morcèlement en petite fraction des nouvelles connaissances  dans le but  de faciliter la compréhension car l’enfant surdoué a besoin d’une approche globale, d’une vue d’ensemble avant de décortiquer les nouvelles notions, c’est-à-dire l’inverse de ce qui se pratique en général.
  • Et puis, l’ennui lié au fait que souvent il sait déjà lire en arrivant en CP ou dès la fin du premier trimestre, qu’il sait déjà faire des additions, qu’il lit « Harry Potter » à sept ans quand le majorité des enfants n’en sont qu’à déchiffrer de petits livres de quelques pages, qu’il surfe sur internet pour aller chercher les informations dont il a besoin même s’il a du mal à écrire en « attaché » et qu’il en remontrerait à l’enseignant sur les sujets qui le passionnent.

Et cet ennui se manifeste de plusieurs façons. On va retrouver, suivant la personnalité de l’élève,

  • le bavardage,
  • les « promenades «  dans la classe,
  • les demandes incessantes de sortir pour aller aux toilettes,
  • la sculpture sur table avec la pointe des ciseaux ou avec le crayon,
  • le balancement sur la chaise,
  • la fabrication d’avions avec la règle et les stylos
  • le refus de venir à l’école, les pleurs et
  • les maux de ventre,
  • la tristesse, la résignation ou encore
  • l’agressivité à l’école, les  cauchemars et
  • la phobie scolaire quand cette violence qui est faite à l’enfant perdure et lui semble éternelle.

 

On évoque beaucoup le saut de classe quand on parle de l’ennui dont souffrent les enfants surdoués. Mais est-ce vraiment la solution ?

Nous allons voir que la réponse n’est pas simple.

Le cas de Maëlle

Maëlle venait de commencer la Moyenne Section de Maternelle et  la maîtresse avait très vite repéré que ses acquis étaient largement supérieurs à ceux des enfants de son âge. Ce n’était pas une enfant agitée et elle ne perturbait pas la classe mais l’enseignante constatait qu’elle s’ennuyait beaucoup. Après quelques semaines  d’observation, elle en référa aux parents et suggéra un passage anticipé en Grande Section. Le Conseil des Maîtres assisté de la psychologue scolaire sollicita l’avis des parents et du médecin de l’enfant. 

L’accord fut donné et je retrouvai Maëlle l’année suivante en CP. Apparemment elle s’ennuyait moins…

« C’était une petite fille très menue et silencieuse qui passait inaperçue. On aurait dit qu’elle n’était pas vraiment là.  Ses cheveux noirs toujours bien tirés en arrière, ses vêtements impeccables, Maëlle faisait son travail avec beaucoup de soin, sans difficulté mais lentement, et respectait les règles de l’école à la lettre.[…]

Elle s’exprimait peu à l’oral  mais lisait avec aisance quand on la sollicitait malgré son jeune âge.Maelle

Comme c’est le cas pour de nombreuses petites filles surdouées, elle s’était coulée dans le moule scolaire et  elle ne riait ni ne se plaignait jamais. 

Pour se protéger, elle cachait sa véritable personnalité à l’école. .[…]

A la fin du mois de Juin, l’attitude en classe de la petite fille n’avait pas changé. Elle travaillait en silence, ne s’accordait aucune pause tant que le travail n’était pas terminé et n’intervenait à l’oral que si elle était interrogée. Elle ne voulait surtout pas se faire remarquer.

Mais parfois, la maîtresse avait l’impression que l’enfant n’était pas réellement présente en esprit…Il était clair qu’elle s’imposait des contraintes énormes pour coller à l’image de  l’écolière parfaite qu’elle s’était forgée dans sa tête ! .[…] »

Bien que toutes les précautions aient été prises, le bilan de ce saut de classe était très mitigé. Les apprentissages correspondaient en effet mieux à ses acquis mais l’adaptation émotionnelle de l’enfant était très coûteuse en énergie. Ce n’était pas un mécanisme naturel.

« Quelles seront les conséquences plus tard de cette adaptation,  propre surtout aux fillettes surdoués plus qu’aux garçons?  Si la tension pour s’y conformer a été trop forte, les difficultés peuvent surgir à l’adolescence ou bien mener à vivre toute une vie en décalage, en se remettant en question et  en se culpabilisant de son propre mal-être. »

Le cas de Salvador

Salvador, cinq ans, arrivé de l’étranger en début d’année scolaire, parlait couramment le Français et savait lire dès Noël. A partir de ce moment-là, il avait perdu toute motivation pour les apprentissages et son ennui était allé en crescendo. La lecture et l’apprentissage du Français avaient supposé un défi pour son esprit de surdoué mais cet objectif atteint, la classe de CP n’avait plus rien à lui apporter.

 « Nous savions qu’il avait perdu toute motivation et en accord avec le maître de CE1, il fut décidé de l’intégrer à la classe supérieure une partie de la matinée. Ce fut un échec ! Les lectures de niveau CE1 le laissaient indifférent et les exercices de conjugaison ou de grammaire pour apprendre l’orthographe ne l’intéressaient pas, lui qui écrivait presque sans fautes, et il passait son temps à colorier ses baskets avec les feutres réservé aux arts plastiques… »(Les enfants surdoués, comment les aider avec les fLeurs de Bach)

Dans le cas de Salvador, le saut de classe n’était pas adapté car il « aurait fallu lui proposer un défi d’apprentissage, comme l’avait été la lecture, pour le redynamiser » […] Il retrouvait dans la classe supérieure les mêmes causes d’ennui.

 

L’école, avec les moyens dont elle  dispose, ne réussissait pas à s’adapter à cet enfant et lui fournir la stimulation intellectuelle dont il avait besoin, dans les conditions et au rythme où il  en avait besoin

 

Le cas de Fabien

Depuis le CP, Fabien vivait une scolarité confortable. Il avait appris à lire sans effort et, grand amoureux des couleurs, passait les trois-quarts de son temps à dessiner de grandes fresques colorées. Il bâclait le travail demandé en quelques minutes et reprenait son cahier de dessin pour fignoler sa dernière création. Il était heureux et ne se mêlait au travail de la classe que  quand on abordait un sujet qui lui tenait à cœur, la protection des océans et de l’environnement, le respect du droit des enfants…Il n’avait pas de copains mais les autres enfants le laissaient en paix. Sa maman vint à plusieurs reprises évoquer le fait que son fils était surdoué et  qu’elle était persuadée qu’il s’ennuyait. La maîtresse qui l’avait beaucoup observé n’en avait pas l’impression et elle rassura les parents.

En fin d’année scolaire, les parents demandèrent que leur fils passe directement en CE2.

Fabien qui était présent à l’entretien protesta qu’il ne voulait pas sauter de classe. Il désirait rester avec ses copains… Les parents cédèrent…

Le CE1 fut tout aussi  agréable pour Fabien. Son enseignant lui avait laissé une table double pour qu’il puisse étaler ses dessins et le laissait vivre sa scolarité tranquillement. Il avait accès à la bibliothèque de classe à sa guise et son casier était toujours bourré de livres divers.

Ses résultats étaient excellents et on le sentait en paix.

Au début du CE2, les parents revinrent à la charge : leur fils perdait son temps avec les capacités qu’il avait. Il devait passer en CM1 dès les vacances de Toussaint. Consulté, Fabien s’y opposait de toutes ses forces mais sa maman affirmait qu’il s’ennuyait trop à l’école.

Fabien intégra à l’essai le CM1 mais le rythme de travail ne lui convenait guère et il demanda à réintégrer son CE2 et sa petite vie bien tranquille au bout de quinze jours…. 

Les parents optèrent alors pour l’inscrire dans une autre école où il existait une classe double de CE2/CM1….

Ce qu’il faut retenir de cet exemple, c’est que l’enfant surdoué est géré par son émotionnel et qu’il est vital pour lui de se sentir bien dans son environnement, même si intellectuellement, il s’ennuie un  peu. Fabien connaissait bien les enfants de sa classe depuis la petite section de Maternelle, les enseignants s’étaient adaptés à son fonctionnement particulier et lui laissaient beaucoup de liberté. En outre, il y avait dans la classe un autre enfant surdoué avec qui il était complice. Le petit surdoué se lie rarement d’amitié et le plus souvent, il le fait avec un autre surdoué. Reconnaissance inconsciente d’un fonctionnement cérébral identique !

Avant de décider un saut de classe, il faut s’assurer que l’enfant est d’accord et qu’affectivement, cela sera bénéfique pour lui. 

L’existence des cycles permet, en principe, une autre solution : Intégrer l’enfant dans une classe supérieure pour certaines matières. Ainsi l’enfant qui saurait lire en arrivant au CP pourrait participer aux séquences de lecture au CE1 et rester dans sa classe pour l’écriture. C’était cette solution qui avait été proposée à Salvador. 

Dans la réalité du terrain, il est très difficile de le mettre en œuvre. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit ici d’écoles primaires dont l’un des principaux avantages est que l’enseignant peut adapter ses horaires en fonction des réactions des enfants. Quand les élèves fatiguent ou sont énervés, le maître peut écourter une séquence de Français et proposer une autre activité. Pour pouvoir donner aux élèves la possibilité de changer de classe suivant la matière, il faudrait que tous les enseignants d’un même cycle fixent  leurs horaires de manière identique. Le Français se ferait à la même heure dans toutes les classes, les maths aussi….etc, ce qui enlèverait toute  flexibilité d’enseignement. Sans compter les contraintes extérieures des cycles de sport, de prévention  routière ou d’arts visuels ou les projets particuliers à chaque classe…

Alors, envisager une autre école avec une autre approche des apprentissages ?

Nous en reparlerons….

 

Nota : pour tous ces enfants, les Fleurs de Bach peuvent apporter une aide précieuse dans l’harmonisation de leurs émotions. Ainsi Honeysuckle, Walnut et Gentian  auraient pu aider Fabien à rester en CM1…

 

Voir aussi :

http://francoisequencez-fleursdebach.over-blog.com/2016/10/qu-est-ce-qui-cloche-a-l-ecole-pour-les-enfants-surdoues-1.html

http://francoisequencez-fleursdebach.over-blog.com/2016/11/qu-est-ce-qui-cloche-a-l-ecole-pour-les-enfants-surdoues-2.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents