Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Françoise Quencez

Françoise Quencez

Auteur et conseillère en Fleurs de Bach


Qu’est ce qui « cloche » à l’école pour les enfants surdoués ? (1/3)

Publié par Françoise Quencez sur 25 Octobre 2016, 18:40pm

Catégories : #Les enfants

J’enseignais déjà depuis des années à l’étranger quand, revenue en France, j’ai passé le concours de professeur des écoles. A l’époque, on  suivait ensuite, pendant un an, la préparation de l’IUFM, l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres.

Pédagogie, didactique, psychologie, développement de l’enfant, connaissances du système scolaire et maîtrise des matières à enseigner ainsi que quelques heures de formation à propos des différents centres d’accueil des enfants handicapés ou aux capacités intellectuelles faibles, du RASED, le réseau d’aide aux enfants en difficultés scolaires ponctuelles.

Avant de partir en stage pratique, les formateurs insistaient beaucoup sur l’importance de gérer l’hétérogénéité des classes, mais  les informations données restaient très générales et théoriques et il était surtout question d’aider les élèves les plus faibles. La formation continue était censée  nous apporter les connaissances complémentaires au niveau pédagogique.

A aucun moment, je n’ai souvenir d’un cours où il ait été question des enfants surdoués. 

Puis, la nomination dans une école et le face à face avec  vingt-neuf enfants dans un cours double.  Avec le recul, je sais maintenant qu’il y avait un petit surdoué dans ma première classe, Mathieu, un garçon de 10 ans avide de connaissances et qui se passionnait pour l’histoire. Il avait, à l’époque, réalisé un extraordinaire exposé sur Bucéphale, le cheval volant de la Mythologie, illustré de dessins d’une grande précision, pour le publier dans le journal scolaire. Il avait la réputation d’être un perturbateur car il prenait sans cesse la parole en classe et il ne pouvait guère rester en place  mais l’excellent niveau de la classe permettait de mener des projets patrimoine d’une grande qualité et satisfaire ainsi son besoin de connaissances nouvelles. En outre, pour le canaliser, je lui avais donné accès libre à la bibliothèque de classe et à l’unique ordinateur. Mathieu fut heureux et tira un grand profit de son année de CM1.  Dans  cette école et à cette époque-là, le contexte était  favorable à l’épanouissement des enfants surdoués. Même si les enseignants ignoraient tout de leur existence.

Quelques années plus tard, au début des années 2000, je n’en savais pas plus sur les surdoués mais je me trouvais confronté au cas d’un garçon de CM2 beaucoup plus conflictuel, car cet enfant-là souffrait apparemment de TDAH. En souffrait-il vraiment ou s’agissait-il de la suractivité des surdoués ? Laissez-moi vous le présenter.

L’école était classée ZEP, ce qui voulait dire que nous étions en zone d’éducation prioritaire, et accueillait des enfants du quartier HLM. Certains d’entre eux  venaient de  familles françaises pauvres et les autres étaient issus de l’émigration. De nombreuses nationalités étaient présentes et le niveau scolaire était plutôt faible. 

Christophe "Les enfants surdoués, comment les aider avec les Fleurs de Bach"

Alex, quant à lui, était un gamin efflanqué, aux cheveux roux flamboyants, toujours en mouvement, incapable de se taire. Il était très agile et faisait le grand écart en sautant par-dessus les tables. Il détestait l’injustice et son intelligence était remarquable mais il refusait de travailler, se disant nul, et j’avais beaucoup de mal à le convaincre de se poser, ne serait-ce que quelques instants. On aurait dit qu’il était monté sur ressorts.  Il se sentait mal aimé et les moqueries de ses camarades par rapport à ses cheveux le hérissaient et il devenait agressif.  L’un d’eux, qui se plaignait de son agitation perpétuelle qui le « soûlait », s’en prenait aussi à sa maman, toute aussi rousse que lui, et Alex répondait, du tac au tac, en se moquant du poids excessif de son agresseur. 

L’affaire s’envenima quand la maman du deuxième enfant vint se plaindre  qu’on insultait son fils de « gros » et s’en prit physiquement au petit rouquin  à la porte de l’école. Il fallut calmer  les deux familles qui en venaient aux mains...

Je demandais l’aide du psychologue scolaire pour m’aider à gérer le comportement d’Alex. La possibilité d’un surdon ne fut même pas évoquée ! Pourtant, cet enfant présentait toutes les caractéristiques d’un surdoué ! mais ni les enseignants, ni les psychologues scolaires n’étaient formés à les reconnaître. Quant à ses troubles du comportement, que l’on n’appelait pas encore TDAH, le seul conseil était de rester calme…

Sa maman, quant à elle, cherchait des solutions à travers la pratique de sports de combat.

Alex finalisa son CM2 et passa en 6ème. Le collège, averti, lui proposa une classe de sport-études qui l’aida à se canaliser.

Quinze ans après, l’existence des surdoués est relativement bien connue, les psychologues scolaires connaissent maintenant leur problématique et peuvent, à l’aide de tests, attester de leur qualité de surdoués mais les enseignants confondent encore le plus souvent « précoces » et « surdoués ».

[…] la problématique des enfants surdoués est mal connue des enseignants en général.

Cette terminologie d’ « enfants intellectuellement précoces » employée par l’Education Nationale induit l’idée que ce sont des enfants qui doivent réussir brillamment s’ils s’en donnent la peine, ce qui est vrai pour les enfants uniquement précoces qui sont vite détectés et rarement en difficulté scolaire. Les vrais surdoués passent souvent inaperçus et rencontrent des difficultés dans différents domaines, difficultés qui sont essentiellement prises en charge dans le cadre général de différents projets d’aide prévus au sein des écoles. […]

Ainsi quand un enfant est en difficulté, et qu’on évoque la possibilité d’un surdon, les commentaires de nombreux enseignants ne sont pas tendres :

« S’il est surdoué, il doit réussir facilement. S’il ne réussit pas, c’est qu’il ne fait aucun effort ! C’est un enfant gâté. Encore des parents qui s’imaginent que leur gosse est spécial…. »

Et voilà, la première chose qui « cloche » à l’école pour les enfants surdoués : La plupart des enseignants ignorent tout sur eux mais en toute équité, il faut reconnaître qu’il a fallu attendre 2009 pour que l’Education Nationale prévoie des modules de formation sur ce sujet :

Le B.O.E.N. du 3 décembre 2009 proposera un « Guide d’aide à la conception de modules de formation pour une prise en compte des élèves intellectuellement précoces ». Il s’agit là de concevoir des modules de formation à destination des enseignants.

En 2014, je n’en avais pas encore vu l’application…

 

Les citations sont extraites du livre : "Les enfants surdoués, comment les aider avec les Fleurs de Bach" Françoise Quencez

 

Livre maintenant disponible sur :

www.mesfleursdebach.com

Voir aussi :

 

http://francoisequencez-fleursdebach.over-blog.com/2016/07/les-enfants-surdoues-table-des-matieres.html

http://francoisequencez-fleursdebach.over-blog.com/2016/06/les-enfants-surdoues-et-les-fleurs-de-bach.html

http://francoisequencez-fleursdebach.over-blog.com/2016/06/mieux-vivre-l-ecole-avec-les-fleurs-de-bach.html

http://francoisequencez-fleursdebach.over-blog.com/2016/07/fleurs-de-bach-et-enfants-dysphasiques.html

http://francoisequencez-fleursdebach.over-blog.com/2016/07/enfants-dyslexiques-et-fleurs-de-bach.html

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents