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Françoise Quencez

Françoise Quencez

Auteur et conseillère en Fleurs de Bach


Aider les parents d'enfants "dys" ou souffrant de TDAH

Publié par Françoise Quencez sur 11 Juillet 2016, 14:43pm

Catégories : #Les enfants

Aider les parents d'enfants "dys" ou souffrant de TDAH

L'article présenté ci-dessous a été publié aussi sur le site DYS+.

http://www.dys-positif.fr/fleurs-de-bach-trouble-du-deficit-de-lattention-avec-hyperactivite-tdah/

Les prénoms et les circonstances ont été modifiés pour préserver l’anonymat des enfants.

Aider les parents

Quand Yann arriva au CP, il traînait déjà la réputation d’être un enfant avec le cœur sur la main mais opposé à toute contrainte. Pendant ses années de Maternelle, les maîtresses avaient constaté qu’il était très éveillé et s’exprimait bien mais qu’il s’arrangeait toujours pour ne rien faire des activités demandées. Il fuyait ainsi les exercices de pré-écriture et se débarrassait des lettres qu’il était censé assembler pour former des mots en les lançant en l’air.

L’entrée au cours préparatoire marque une étape importante dans la scolarité des enfants et notamment l’obligation de travailler… et Yann n’y était pas prêt. Pourtant, ce n’était pas un enfant de fin d’année, plus jeune que la majorité des autres élèves de la classe. C’était un petit du mois d’avril, d’autant plus dégourdi qu’il était le pilier central de cinq frères et sœurs.

Dès le premier jour, il affirma son indépendance en refusant d’écrire son prénom sur le cahier de liaison tout neuf. Il contemplait le cahier distribué d’un air écoeuré et l’abandonna sur sa table sans les ranger dans son cartable, comme il en avait eu la consigne, dès que sonna l’heure de la récréation.

Dans la classe, il passait son temps à regarder par la fenêtre, à démonter ses stylos ou à barbouiller sa table et ses cahiers d’encre dont il se décorait aussi le visage. Il s’entêtait à ne pas faire l’ « écriture » ni les exercices de calcul non plus.

Il se refusait à suivre les leçons de lecture mais il aimait écouter la maîtresse raconter une histoire.

Dès la fin de la première période, la maîtresse mit un mot dans le cahier de liaison :

Madame, monsieur,

J’aimerais vous rencontrer pour faire le point sur le travail de Yann. Je vous propose le ….

La souffrance des parents

Le soir du rendez-vous, la maman se présenta seule. Elle avait avec elle le petit dernier qui commençait à peine à marcher. Elle expliqua, toute stressée, qu’elle avait confié les quatre « grands » à une voisine. La demande de rendez-vous l’avait beaucoup angoissée car sa situation de maman seule de cinq enfants n’était pas simple et elle avait bien du mal à tout gérer.

Elle écouta attentivement les explications puis elle affirma avec détermination que Yann devrait changer d’attitude et qu’elle ferait tout pour cela. On sentait qu’elle avait l’habitude de prendre les difficultés à bras le corps. Ses enfants, dont les quatre aînés fréquentaient l’école, étaient toujours habillés correctement malgré les difficultés financières de la famille et elle participait à la vie de l’école activement.

Elle me promit d’en parler avec son fils et d’essayer de lui faire comprendre la nécessité de se mettre au travail. Nous devions nous revoir avant les vacances de Noël…

Yann fit quelques efforts pendant deux ou trois jours mais cela semblait au-dessus de ses forces et il avait très vite retrouvé sa cadence habituelle.

Sa maman que j’apercevais régulièrement m’interrogeait des yeux et j’étais obligée de faire un signe négatif de la tête :

  • Non, il n’a encore rien fait aujourd’hui !

Je sentais plus que je ne voyais sa déception.

Quand je la revis, à la mi-décembre, elle se culpabilisait de la situation.

  • Je n’ai pas assez de temps pour m’occuper de lui ! Il est très attaché à moi… Mais il y a le petit, et sa grande soeur qui est dyslexique et qui a besoin de beaucoup d’aide pour les devoirs…

Elle avait les larmes aux yeux.

Au retour des vacances, elle m’expliqua qu’elle avait décidé de mettre en place, avec mon accord, une autre stratégie. Elle passerait s’enquérir chaque vendredi soir, en présence de l’enfant, du travail effectué pendant la semaine. Elle lui avait expliqué quelle serait sa punition, privation de console de jeu, ou sa récompense, des cartes Pokémon et le droit de jouer 30 minutes à la console après l’école.

Elle en avait discuté avec les grands-parents qui l’avaient beaucoup encouragée. C’était une femme déterminée, capable de passer outre sa fatigue pour aider ses enfants mais qui semblait aller au-delà de ses forces.

La tentative échoua et Yann continua à cacher ses fiches de travail froissées dans son casier. Il refusait toujours de lire en classe malgré les différentes méthodes mises en place pour le motiver.

Yann ne jouait plus à la console depuis plusieurs semaines quand la maman revint me voir désespérée. Elle était en colère contre le père des enfants dont elle était séparée et qui avait quitté la France.

  • Si au moins, il était là pour l’aider à grandir !

  • Yann ne saura jamais lire s’il continue comme cela ! Vous croyez qu’il devra redoubler ? Je le lui ai déjà dit ! Mais, j’ai l’impression que cela ne l’inquiète pas !

A la demande de la maman, appuyée par l’école, la psychologue scolaire vint en observation dans la classe et fit passer des tests à Yann.

Celle-ci confirma que l’enfant avait une Intelligence normale mais souffrait probablement de troubles du comportement. Elle conseilla un bilan au CMPP mais confirma à la maman que les délais d’attente pour avoir un rendez-vous étaient très longs, plusieurs mois en moyenne… En attendant, il fallait essayer de valoriser le peu de travail fait et le récompenser.

Elle confirma que les punitions n’auraient pas de prise sur lui vue sa personnalité mais qu’il fallait continuer à lui mettre des limites claires.

Yann apprit à lire, on ne sait trop comment, et passa au CE1 l’année suivante, fidèle à lui-même.

Sa maman continue vaillamment à affronter les difficultés liées à aux troubles de son enfant.

Quelles Fleurs pour aider la maman de Yann ?

Cette maman, malgré son courage, aurait bien eu besoin de l’aide précieuse que peuvent apporter les Fleurs de Bach.

L’angoisse qu’elle ressent pour ses enfants et leur bien-être pourrait être apaisée par Red Chestnut. Cette Fleur soulage les personnes qui se rendent malheureuses pour ceux qu’elles aiment et se tracassent peu pour elles-mêmes.

Cette maman ne tient pas compte de sa fatigue et va au-delà de ses forces. Deux fleurs pourraient l’aider : Oak car c’est une femme courageuse qui fait face à de grandes difficultés et Elm car elle en arrive à penser que la tâche est trop dure et qu’elle est débordée. Pine apaiserait son sentiment de culpabilité et Gorse lui redonnerait espoir.

D’autres fleurs calmeraient son impatience de voir la situation évoluer, son pessimisme et le ressentiment qu’elle ressent envers le père de ses enfants.

Et quand les parents ne peuvent affronter la réalité des troubles de leur enfant ?

A aucun moment, la maman de Yann n’a envisagé que l’enseignante se trompait à propos de son enfant. Ce n’est pas toujours le cas car parfois, quand trop d’espoir ont été mis sur l’enfant, la vérité peut être trop douloureuse à accepter.

La situation devient alors beaucoup plus difficile…

Dès qu’il est arrivé à l’école, les maîtresses ont constaté combien le comportement d’Elias était perturbé. Il refusait toute obligation ! A trois ans, il s’échappait constamment de la classe et frappait les autres enfants. A quatre ans, il s’opposait à toute demande de la maîtresse et n’en faisait jamais qu’à sa tête. Au point que les enseignants avaient refusé de prendre la responsabilité de l’emmener en sortie scolaire, craignant pour sa sécurité et celle des autres. Un enfant incontrôlable et très perturbateur.

Les parents, toujours souriants, avaient d’abord éludé les demandes de rendez-vous. Quand finalement ils acceptèrent de rencontrer la maîtresse, ils opposèrent leur vision de l’enfant à la sienne. Pour eux, leur fils était un enfant très intelligent, autonome et calme. Les maîtresses manquaient d’autorité, tout simplement. Devant ce déni, le directeur dut organiser une réunion d’équipe éducative et solliciter la présence de l’Inspecteur ou de son représentant pour tenter d’établir un dialogue avec la famille. Malgré la convocation officielle, ceux-ci ne se présentèrent pas. « Ils avaient oublié. »

Les parents durent finalement se rendre à l’évidence devant les plaintes des autres familles mais n’acceptèrent jamais de solliciter l’aide du CMPP.

Pour eux, une Fleur, Agrimony, les aurait aidés à affronter cette réalité trop douloureuse, un premier pas pour aider leur enfant…

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